Auto-entrepreneurs : êtes-vous concernés par la facture électronique ?
La facture électronique concerne aussi les auto-entrepreneurs ! Elle devient progressivement la norme en France, touchant toutes les entreprises assujetties à la TVA, quel que soit leur statut ou leur taille. Si l’on pense souvent que cette réforme ne concerne que les sociétés structurées ou les grandes entreprises, la réalité est différente : même les auto-entrepreneurs et micro-entreprises sont concernés par la facture électronique dès 2026, selon leur situation.
Comprendre ce qui change, à quelles échéances et comment se préparer est essentiel pour éviter les erreurs et anticiper la mise en conformité.
Au sommaire :
1. La facture électronique touche aussi les auto-entrepreneurs ?
2. Ce que prévoit la réforme de la facture pour les auto-entrepreneurs
3. Ce qui change concrètement
4. Le calendrier de la facture électronique pour les auto-entrepreneurs
5. Comment un autoentrepreneur peut bien se préparer à la facture électronique

La facture électronique touche aussi les auto-entrepreneurs ?
Oui… les auto-entrepreneurs et micro-entreprises sont concernés
La réforme de la facture électronique ne vise pas uniquement les grandes entreprises ou les sociétés structurées. Elle concerne toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique, conformément au cadre fixé par Ministère de l’Économie et des Finances.
Autrement dit, le statut de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) ne constitue pas une exemption automatique.
Que vous exerciez seul, avec un chiffre d’affaires modeste ou une activité complémentaire, vous êtes juridiquement une entreprise. À ce titre, vous entrez dans le périmètre de la réforme dès lors que vous êtes assujetti à la TVA, même si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA.
C’est souvent un point de surprise pour les indépendants, qui associent à tort la réforme aux structures plus complexes. Pourtant, le législateur a fait le choix d’un dispositif généralisé, incluant les micro-entreprises dans le calendrier progressif de mise en œuvre de cette réforme.
Le point clé : l’assujettissement à la TVA
C’est ici que réside la principale source de confusion. Beaucoup d’auto-entrepreneurs pensent ne pas être concernés parce qu’ils ne facturent pas la TVA. Or, il faut distinguer deux notions :
- Assujetti à la TVA
- Redevable de la TVA
Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA est juridiquement assujetti à la TVA, même s’il n’est pas redevable (c’est-à-dire qu’il ne collecte pas la taxe et ne la reverse pas).
Cela signifie concrètement que :
✔ En tant qu’autoentrepreneur ou micro-entreprise vous entrez dans le champ de la réforme.
✔ Vous devrez être en mesure de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026
✔ Vous serez également soumis à l’obligation d’émission électronique à la date applicable aux micro-entreprises (septembre 2027).
La confusion la plus fréquente est la suivante : « Je ne facture pas la TVA, donc je ne suis pas concerné. » C’est faux.
L’absence de TVA sur vos factures ne vous exclut pas du dispositif. Ce qui compte, c’est votre qualité d’assujetti en tant qu’entreprise exerçant une activité économique.
Le gouvernement français a mis en place un simulateur en ligne qui vous permet de vérifier, selon votre situation, quels changements s’appliqueront à vous en tant qu’auto-entrepreneur : Je me renseigne
Les cas particuliers
Même si la réforme a un périmètre large, certaines situations méritent d’être précisées.
- Activités exonérées de TVA : Certaines activités sont exonérées de TVA par nature : professions médicales, certaines prestations de formation, activités d’enseignement, etc. Dans ces cas, l’analyse doit être plus fine : selon la nature exacte des opérations réalisées, certaines obligations peuvent être limitées. Il est donc important de vérifier le régime exact applicable à votre activité.
- Activité exclusivement B2C : Si vous travaillez uniquement avec des particuliers, vous ne serez pas soumis à l’e-invoicing (facturation électronique obligatoire entre entreprises). En revanche, vous êtes concerné par le e-reporting, c’est-à-dire la transmission de données de transactions à l’administration. La réforme ne disparaît donc pas totalement, même en B2C pur.
- Auto-entrepreneurs travaillant uniquement avec des particuliers. Si vous n’émettez jamais de factures à des entreprises, l’impact sera plus limité. En revanche, vous devrez toujours être en mesure de recevoir des factures électroniques si vos fournisseurs sont concernés, (et pour cela, choisir une Plateforme agréée).
À retenir :
Être micro-entrepreneur ne signifie pas être en dehors de la réforme.
La vraie question n’est pas la taille de votre activité, mais votre statut fiscal et la nature de vos clients.
Cette clarification est essentielle pour éviter deux erreurs : sous-estimer l’obligation en pensant ne pas être concerné ou se préparer trop tard.
Dans la suite de l’article, nous verrons précisément ce que la réforme change concrètement pour vous, et à quelles dates vous devez agir.
Ce que prévoit la réforme de la facture pour les auto-entrepreneurs
La réforme encadrée par Ministère de l’Économie et des Finances, repose sur deux piliers complémentaires : l’e-invoicing et l’e-reporting.
L’e-invoicing (facturation électronique) pour les auto-entrepreneurs
L’e-invoicing est le mot simplement pour definir les factures émises entre entreprises assujetties à la TVA établies en France (B2B domestique).
Concrètement, cela signifie que :
- La facture devra être émise dans un format électronique structuré (et non plus un simple PDF). Les formats acceptés désormais sont : UBL, CII et factur-X.
- Elle devra transiter par une plateforme agréée.
- Les données de la facture seront transmises automatiquement à l’administration fiscale (e-reporting, cf ci dessous)
L’e-reporting (l’envoi de données fiscales)
L’e-reporting defini donc l’envoi de données fiscales à l’administration, et il concerne aussi les opérations qui ne relèvent pas de l’e-invoicing, notamment :
- Les ventes à des particuliers (B2C)
- Certaines opérations avec l’étranger
Dans ce cas, il ne s’agit pas d’envoyer une facture électronique à votre client via la plateforme agréée, mais de transmettre périodiquement les données de transaction à l’administration fiscale.
Autrement dit :
E-invoicing = transmission de la facture elle-même
E-reporting = transmission des données de transaction
Les modalités détaillées sont précisées par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), qui pilote la mise en œuvre opérationnelle de la réforme. Pour mieux comprendre ces terminologies liés à la réforme, regardez la vidéo :
Ce qui change concrètement pour un autoentrepreneur
Au-delà des termes techniques, voici les évolutions majeures à comprendre :
Fin des PDF envoyés par email
Un PDF généré depuis Word ou Excel et envoyé par email ne sera plus considéré comme une facture électronique conforme, dans le cadre de l’e-invoicing.
Même si le document est numérique, il ne contient pas de données structurées exploitables automatiquement par les systèmes de l’administration. La facture devra intégrer un format structuré normalisé (comme Factur-X, UBL ou CII).
Obligation de passer par une plateforme agréée
Les factures électroniques ne pourront plus être envoyées directement de boîte mail à boîte mail. Elles devront obligatoirement transiter par une plateforme privée habilitée (plateforme agréée).
C’est cette plateforme qui assurera :
- La transmission au client
- L’extraction des données
- La communication à l’administration fiscale
Transmission automatique des données à l’administration
L’un des changements majeurs est l’automatisation de la transmission des informations de facturation. Vous n’enverrez plus seulement une facture à votre client : les données correspondantes seront également transmises à l’administration fiscale via la plateforme.
Cela implique :
- Une meilleure traçabilité
- Une cohérence renforcée entre facturation et déclarations de TVA
- Moins d’écarts possibles
Pour un auto-entrepreneur ou micro-entreprise, cela signifie surtout que l’outil de facturation devient un élément stratégique dans le cadre de cette nouvelle loi de facturation.
Le calendrier de la facture électronique pour les auto-entrepreneurs
La réforme s’applique progressivement selon la taille des entreprises, mais certaines obligations sont communes à tous.
1er septembre 2026 : Obligation pour toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises et auto-entrepreneurs, de pouvoir recevoir des factures électroniques. Même si vous n’émettez pas encore de factures électroniques à cette date, vous devrez être capable d’en recevoir via une plateforme agréée choisie par vous.
1er septembre 2027 : Obligation pour les micro-entreprises et auto-entrepreneurs d’émettre leurs factures au format électronique structuré. À partir de cette date : vos factures B2B devront obligatoirement passer par une plateforme et les PDF simples ne seront plus conformes. C’est aussi à partir de cette date que vous devez envoyer votre e-reporting à l’administration.
À retenir pour les auto-entrepreneurs :
Être auto-entrepreneur ne vous exclut pas du calendrier. Dès 2026, vous devez choisir une Plateforme Agréée pour recevoir les factures électroniques de la part de vos fournisseurs. Dès 2027, vous devrez émettre vos factures B2B au format structuré et envoyer votre e-reporting des transactions (y compris B2C).
Concrètement, qu’est-ce que ça change pour un auto-entrepreneur ?
Après le cadre réglementaire, place au concret. L’impact réel de la réforme dépend essentiellement de votre type de clientèle et de votre régime TVA. Identifiez votre situation :
Je facture principalement des entreprises (B2B). Suis-je concerné par l’e-invoicing ?
Oui, pleinement. Si vous facturez des entreprises établies en France et assujetties à la TVA, vous êtes au cœur de la réforme.
À partir du 1er septembre 2027 :
Vos factures ne pourront plus être de simples PDF envoyés par email
- Elles devront être émises dans un format électronique structuré (Factur-X, UBL ou CII)
- Elles devront transiter via une plateforme agréée
- Elles seront automatiquement transmises à l’administration fiscale
Concrètement pour vous : votre facture devient un flux de données, et non plus seulement un document.
Impact sur vos outils :
- Modèle Word ou Excel → ne sera plus suffisant
- Logiciel basique non compatible → devra évoluer ou être remplacé
- Solution en ligne → vérifiez dès maintenant sa compatibilité
Votre outil devra être capable d’intégrer un format structuré, de se connecter à une plateforme agréée, et de gérer les accusés de réception.
Je ne facture que des particuliers (B2C). Dois-je quand même m’équiper ?
Oui, mais différemment. Vous n’êtes pas soumis à l’e-invoicing, mais vous devrez respecter l’e-reporting.
Ce que cela signifie :
Pas d’obligation d’émettre des factures électroniques structurées à vos clients particuliers
Mais obligation de transmettre à l’administration les données de vos transactions (montant, TVA le cas échéant, nature de l’opération)
Concrètement pour vous :
- Vos outils devront générer ces flux de données
- Vous devrez assurer un suivi précis de vos encaissements
- Même en B2C pur, une structuration minimale de vos données sera nécessaire
Je suis en franchise de TVA. Suis-je exempté de la réforme ?
Non. La franchise de TVA ne vous exclut pas du dispositif, elle modifie simplement vos obligations.
Dès 2026, vous devrez :
- Être capable de recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs (logiciels, prestataires, sous-traitants)
- Être inscrit sur une plateforme agréée
- Pouvoir consulter et récupérer vos factures fournisseurs
Pour vos propres factures :
Si vous travaillez en B2B → vous serez soumis à l’e-invoicing
Si vous travaillez en B2C → vous serez soumis à l’e-reporting
La franchise de TVA simplifie la nature des données transmises, mais ne vous dispense pas du dispositif.
Je travaille à la fois en B2B et en B2C. Comment ça se passe ?
Vous devrez gérer les deux dispositifs en parallèle :
E-invoicing pour vos factures à destination des entreprises
E-reporting pour vos transactions avec les particuliers
Conseil : privilégiez un outil capable de gérer automatiquement ces deux flux pour éviter les erreurs et la double saisie.
Je suis boulanger, coiffeuse, plombier, graphiste… Suis-je concerné ?
Tout dépend de votre clientèle. Voici quelques exemples pour y voir plus clair :
Métiers principalement en B2C (particuliers) :
Boulanger, coiffeur, esthéticienne, taxi → Vous êtes concerné uniquement par l’e-reporting
Vous continuez à facturer normalement vos clients particuliers
Mais vous devrez transmettre les données de vos transactions à l’administration
Métiers principalement en B2B (entreprises) :
Graphiste freelance, développeur web, consultant, formateur → Vous êtes pleinement concerné par l’e-invoicing
Vos factures devront être émises au format structuré via une plateforme
Impact fort sur vos outils de facturation
Métiers mixtes (B2B + B2C) :
Plombier, électricien, photographe, traiteur → Vous êtes concerné par les deux dispositifs
E-invoicing pour vos clients professionnels (syndics, entreprises, collectivités)
E-reporting pour vos clients particuliers
Privilégiez un outil capable de gérer automatiquement ces deux flux
Cas particulier – Vente sur marketplaces :
Vous vendez sur Amazon, Etsy, ou autre plateforme ? → La plateforme pourra jouer le rôle d’intermédiaire pour la transmission des données
Renseignez-vous auprès de votre marketplace sur les modalités prévues
Le critère clé : ce n’est pas votre métier qui détermine vos obligations, c’est la nature de vos clients (entreprises ou particuliers).
Mon logiciel de facturation actuel suffira-t-il ?
Cela dépend de ses capacités actuelles. Posez-vous ces questions :
✓ Peut-il générer des factures au format structuré (Factur-X, UBL, CII) ?
✓ Peut-il se connecter à une plateforme de dématérialisation agréée ?
✓ Peut-il gérer les accusés de réception et statuts de facture ?
✓ Peut-il transmettre automatiquement les données à l’administration ?
Si vous répondez « non » à l’une de ces questions, une mise à jour ou un changement d’outil sera nécessaire.

Comment un autoentrepreneur peut bien se préparer à la facture électronique
C’est ici que l’auto-entrepreneur peut transformer une contrainte réglementaire en levier d’organisation.
Checklist de préparation en 4 étapes :
1-Clarifiez votre situation fiscale
Posez-vous les bonnes questions :
Êtes-vous en franchise en base de TVA ?
Êtes-vous proche des seuils de TVA ?
Travaillez-vous avec des clients assujettis à la TVA ?
2- Cartographiez votre clientèle
Quelle part en B2B (entreprises) ?
Quelle part en B2C (particuliers) ?
Avez-vous des clients à l’étranger ?
Cette analyse détermine vos obligations exactes (e-invoicing, e-reporting, ou les deux).
3-Évaluez votre outil de facturation actuel
Testez dès maintenant si votre solution :
✓ Prévoit la gestion des formats structurés (Factur-X, UBL, CII)
✓ Annonce une compatibilité avec la réforme
✓ Permet l’export des données pour l’e-reporting
✓ Peut se connecter à une plateforme de dématérialisation
Si la réponse est « non » à l’une de ces questions, anticipez une migration ou une mise à jour.
4-Comparez les plateformes agréées
Comparez les solutions selon :
- La simplicité d’utilisation
- Le coût (notamment pour les petits volumes)
- La compatibilité avec votre outil de facturation
- La gestion des statuts de factures (envoyée, reçue, rejetée)
- L’intégration avec votre comptabilité
Pour un auto-entrepreneur, la priorité est la simplicité opérationnelle.
Une plateforme agréée pour les auto-entrepreneurs : Essential by Open Bee
Pour répondre aux besoins spécifiques des indépendants et micro-entreprises, Open Bee propose Essential, une Plateforme Agréée et GED dédiée aux auto-entrepreneurs ou TPE. Conçue pour rester simple et accessible, cette plateforme permet d’émettre et de recevoir des factures électroniques conformes à la réforme, tout en assurant la transmission automatique des données à l’administration fiscale.
Essential intègre également les fonctions essentielles de gestion documentaire : centralisation des factures, archivage sécurisé et suivi des statuts (émise, reçue, rejetée, payée). L’objectif est clair : offrir une solution conforme, sans complexité inutile, adaptée aux volumes et aux contraintes d’un entrepreneur individuel. La plateforme assure le plus haut niveau de sécurité, avec la certification ISO 27001 et l’hébérgement SecNumCloud.
